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Les troubles musculosquelettiques (TMS) : la première cause de maladie professionnelle en France

Les TMS sont des troubles de l’appareil locomoteur se manifestant notamment par des douleurs et des gênes fonctionnelles au niveau des articulations principalement au niveau des épaules, du cou, des poignets et des coudes.

Ils sont aujourd’hui l’une des premières causes de maladie professionnelle en France puisqu’ils en représentent plus de 80% de celles-ci (Source : https://www.inrs.fr/risques/tms-troubles-musculosquelettiques/statistiques.html)

Les TMS : une pathologie d’usure liée à l’exposition aux risques physiques et organisationnels

Les TMS n’apparaissent pas du jour au lendemain. Ce sont des pathologies liées à l’exposition répétée à certaines contraintes physiques mais également organisationnelles. Elles naissent de sollicitations excessives, inadaptées ou répétitives des membres. Environ 16,1% des salariés en France sont exposés à des gestes répétitifs dans le cadre de leur activité professionnelle (Source : enquête SUMER, DARES). Mais contrairement à l’idée fréquente selon laquelle les TMS seraient causés par de mauvaises postures, les TMS sont principalement des effets pathologiques des dysfonctionnements de l’organisation du travail et de l’intensification du travail.

Une étude publiée en 2024 présentant une mise à jour des connaissances sur les effets des expositions psychosociales sur la santé des salariés a notamment mis en avant que les salariés qui manquent de soutien de la part de leur hiérarchie et/ou de leurs collègues, ce que l’on nomme en santé au travail le soutien social, présentent un risque supérieur de 40 % de souffrir de lombalgie. Des excès de risque de TMS sont également observés en cas d’exposition à des combinaisons de facteurs, comme le « jobstrain » (fortes exigences psychologiques combiné à un manque d’autonomie) ou le déséquilibre efforts/récompenses.

Des secteurs particulièrement exposés

Des secteurs concentrent une part importante des cas selon l’INRS :

  • Agroalimentaire
  • Métallurgie
  • Construction automobile
  • BTP
  • Transport et logistique
  • Propreté
  • Aide et soin à la personne

Mais l’INRS ajoute que tous les secteurs d’activité sont concernés et que « l’accroissement des contraintes de productivité et l’intensification du travail dans un contexte de vieillissement de la population active expliquent leur nombre important ».

Représentant·es du personnel, comment agir ?

L’analyse de l’organisation du travail est centrale dans la compréhension des TMS et la prévention des risques psychosociaux est incontournable pour prévenir la survenue des TMS.

Il s’agit dans un premier temps de réaliser un état des lieux. Même en l’absence de cas avérés, des plaintes de salarié·es concernant des douleurs ou des plaintes sur les conditions de travail physiques (manutention estimée trop lourdes, cadences estimées trop élevées, postures estimées trop contraignantes, difficultés à atteindre les objectifs, etc.) constituent un signal fort. Des indicateurs peuvent également constituer une alerte, tels que le taux d’absentéisme ou le turn-over. Une analyse de l’activité des salarié·es potentiellement concernés doit permettre d’identifier des facteurs de risques à la fois biomécaniques, physiques et psychosociaux, auxquels sont exposés les salariés. Cette analyse doit se fonder sur des observations de l’activité de travail mais également des échanges avec les salarié·es pour recueillir leur ressenti.

L’objectif sera ensuite de faire des propositions d’action de prévention à l’employeur, visant à supprimer ou tout du moins à réduire l’exposition des salarié·es aux facteurs de risque identifiés. La recherche de ces pistes d’actions doit être réalisée avec la participation des salariés concernés. Dans un guide intitulé « Démarche de prévention des troubles musculosquelettiques (TMS) », l’INRS propose plusieurs pistes de transformation organisationnelle qui portent sur :

  • Le contenu des tâches et des modes opératoires ;
  • L’organisation des temps de travail et de récupération ;
  • La charge et cadence de travail ;
  • La répartition des tâches, polyvalence et rotation ;
  • Le management du travail ;
  • L’organisation des aspects sociaux et relationnels.

Pour se faire aider dans cette démarche, le CSE peut solliciter des acteurs de la prévention tels que les services de santé au travail. Il peut également faire appel à un expert habilité.

Les TMS constituent ainsi un véritable enjeu d’organisation du travail. Le CSE a un rôle central à jouer en alertant, objectivant et en proposant des mesures de prévention primaire c’est-à-dire qui permettent d’agir sur les causes et ne se limitent pas à la prise en charge des conséquences individuelles.